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© CNRS - 2021

Quand le toucher s'invite dans la réalité virtuelle

Reference

7328

Duration

00:06:19

Production year

2021

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HD
16/9
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Transcription


Commentaire off
Imaginez, vous êtes dans un monde virtuel. Vous vous baladez dans un jardin. Ici se trouve un pommier. Vous prenez une pomme. Et là, au moment où vous l'attrapez, vous la sentez dans votre main, pour de vrai. Vous pouvez même la jeter dans le panier.
Faire entrer le toucher dans la réalité virtuelle : voici l'objectif d'un projet de recherche mené au sein du laboratoire IRISA à Rennes.
Claudio Pacchierotti et ses collègues sont spécialistes de l'haptique. L'haptique, c'est la science qui étudie le toucher.

ITW Claudio Pacchierotti
« In research when we talk about haptic science and haptic technology we refer to the study and understanding of how to convey and transfer information through the sense of touch. »
[Dans la recherche, quand on parle de science haptique ou de technologie haptique, on fait référence à l'étude et la compréhension de la transmission d'information à travers le sens du toucher]

Commentaire off
Un sens qui a longtemps été oublié de la recherche et du secteur médical.
Pourtant, c'est un sens très important.
Il permet de se déplacer, de porter des objets, de ne pas se blesser. Il est même vital. Un bébé qui n'a aucun contact physique avec un autre être humain ne pourra pas se développer correctement.
Le toucher c'est aussi un sens qui a, jusqu'à présent, été peu exploré dans la réalité virtuelle. On s'intéresse à la vue, à l'ouïe, qui sont des sens plus simples à solliciter. Pourtant, le sens du toucher, permet lui aussi une plus grande immersion.

ITW Maud Marchal
« En réalité virtuelle, on peut créer une multitude d'objets virtuels qu'on aimerait pouvoir manipuler et donc pour pouvoir avoir cette sensation du toucher comme si on pouvait toucher des objets réels, on va utiliser des objets du monde réel en rajoutant des dispositifs haptiques pour pouvoir augmenter les propriétés de cet objet, que ce soit sur sa géométrie ou bien ses propriétés physiques. »

Commentaire off
Pour créer des expériences haptiques, l'équipe se sert de plusieurs appareils. Comme la H-ring. Cette bague motorisée est composée d'une lanière qui se serre ou se desserre quand on appuie sur le piston.
Ainsi, le même piston parait plus ou moins difficile à presser.

ITW Claudio Pacchierotti
« I will receive two haptic informations, two tactile informations. The first one is me touching the piston and one is the one added by the wearable interface. It's a bit tricking the brain in the sense that the object that you touch it's always the same but you perceive it differently because we provide you with additional sensations. »
[Je vais recevoir deux informations haptiques, deux informations tactiles. La première vient de mon doigt qui touche le piston et la seconde vient de l'appareil haptique. On trompe notre cerveau en quelque sorte, parce que l'objet qu'on presse est toujours le même, mais on le perçoit différemment parce qu'on ajoute une autre sensation.]

Commentaire off
Cette recherche fait partie d'un programme européen sur l'haptique : la H-Reality, pour “réalité haptique”.
L'objectif : rendre l'expérience encore plus réelle en ressentant des choses par le toucher. Comme ici avec cette boule motorisée reliée à un bracelet.
Dans cette expérience, le voyage paraît encore plus crédible car on peut attraper des objets.
Au moment où on s'en saisit, on le sent arriver dans la main pour de vrai.
Avec le toucher, on peut interagir avec l'environnement virtuel.
On peut par exemple lancer une balle à un chien ou s'essayer au chamboultout.
Le monde virtuel et réel ne semble ne faire plus qu'un. Et cela même si la sensation du toucher n'est pas exactement celle de la réalité.

ITW Guillaume Gicquel
« Dans cet objet virtuel, qui est la pomme en l'occurrence, donc elle est relativement sphérique, notre cerveau fait quand même bien l'abstraction du manque de relief etc quand il attrape cette chose parce que l'appui du monde virtuel, l'image, nous montre qu'on a une pomme dans la main tout simplement. Donc notre cerveau est plus enclin à accepter les petites différences qui se présentent par rapport à saisir une pomme dans le monde réel par exemple. »

Commentaire off
Mais les scientifiques travaillent également sur une autre technique, appelée “haptique sans contact”.
Cette fois-ci, pas besoin de porter d'objet haptique, la sensation est transmise directement sur la peau, grâce à des ultrasons. Un peu comme on ressent les vibrations des basses à un concert.
Cette tablette est une sorte de haut-parleur à ultrasons qui fait ressentir les formes qu'on voit dans le casque. Grâce au dispositif imaginé par les scientifiques, on peut même se déplacer autour et interagir avec cet environnement virtuel.
Pour nous permettre de voir ces ondes inaudibles et invisibles, ces scientifiques les font passer dans un bain d'huile. La forme qui se matérialise est identique à celle ressentie sur la main.

ITW Thomas Howard
« Dès que j'utilise l'appareil pour focaliser les ondes acoustiques en un point de ma peau, je vais ressentir une petite vibration, très localisé à cet endroit là. Quand je peux déplacer ce point focal sur la peau ça peut me donner l'impression d'une forme géométrique qui est dessinée sur ma peau. »

Commentaire off
Cette recherche fondamentale sur l'haptique permet des avancées majeures dans la compréhension du sens du toucher.
Dans plusieurs années, elle pourra intéresser l'industrie du jeu vidéo mais pas que… Le secteur de la publicité pourrait également s'en emparer pour permettre aux passants de ressentir une texture ou la forme d'un objet.
L'haptique pourrait être aussi utilisée à des fins médicales : pour des formations ou encore pour améliorer les fauteuils roulants, grâce à des aides de navigation vibrantes.
Les usages et possibilités de l'haptique sont sans limite. Un nouveau monde s'offre à elle, le monde virtuel.

Director(s)

COLLAVIZZA Sonia

Résumé

Imaginez : vous êtes dans un monde virtuel, vous vous promenez dans un verger et vous souhaitez cueillir une pomme. Au moment où vous l'attrapez, vous la sentez dans votre main, pour de vrai.
Faire entrer le toucher dans la réalité virtuelle, c'est le projet de recherche du laboratoire IRISA à Rennes. Claudio Pacchierotti et ses collègues sont spécialistes de l'haptique, c'est-à dire la science qui étudie le toucher. Leur recherche a deux approches : d'une part ils utilisent des instruments haptiques pour tromper notre sens du toucher, de l'autre ils cherchent à faire passer ces sensations sans contact, à travers des ultrasons.

Auteur(s)

Rédacteur(s) en chef

Référent(s) Scientifique(s)

CNRS Institute(s)

Regional office(s)

CNRS Images,

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