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© CNRS Images, 2019

1515, une armée dans les Alpes

Numéro de notice

6836

Durée

00:05:29

Année de production

2019

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OFF 1
0 :10 Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ces deux hommes qui battent la campagne en armures ne sont pas les figurants d'un film historique. L'historien Stéphane Gal et l'ancien champion cycliste paralympique Patrick Serria sont aujourd'hui en plein entraînement pour les besoins d'une expérience scientifique hors normes. Ces deux passionnés de la Renaissance s'apprêtent dans quelques jours à mettre leurs pas dans ceux de l'armée de François 1er pour reconstituer un épisode méconnu de l'histoire de France.

0 :40 Nous sommes sur les hauteurs de Grenoble, au pied des Alpes. C'est à travers ce massif montagneux qu'en 1515, une armée de 40.000 hommes équipée de canons, s'engage pour rejoindre le duché de Milan et livrer la célèbre bataille de Marignan face à l'armée Suisse. Craignant des embuscades, François 1er ordonne à ses hommes de revêtir l'armure en altitude. Une traversée de trois jours relatée par le roi dans une lettre qui a aiguisé la curiosité des scientifiques.
ITV Stéphane GAL Historien

01 :12 François 1er explique à sa mère dans cette lettre qu'il porte l'armure parmi ces montagnes et, dit-il, il nous fâche fort de porter le harnois, l'armure, parmi ces montagnes. Alors moi, quand j'ai lu ça, je me suis dit il y a vraiment quelque chose à creuser, et aller au-delà des mots, au-delà des images, c'était recourir à une autre approche scientifique, l'archéologie expérimentale, c'est-à-dire essayer de voir soi-même, à partir du corps humain, ce qu'on pouvait tirer comme savoir, ça sous-entendait fabriquer des armures, revêtir ces armures, et nous rendre comme François 1er dans ce milieu de la montagne, à notre tour, expérimenter cette marche armée, à cheval et à pied , en montagne.

OFF 2
02 :01 Pour mener à bien cette expérience scientifique, Stéphane Gal et son équipe ont fait appel au dernier batteur d'armures encore en activité en France, pour confectionner 4 armures en acier fidèles aux modèles du début du XVIéme siècle. Un équipement de plus de 40 kgs auquel les scientifiques vont devoir s'adapter pour espérer franchir des cols à plus de 2000 mètres d'altitude. Ils ont ainsi été suivis par des équipes de biomécaniciens et de spécialistes de l'imagerie 3D afin de mesurer les contraintes que cet équipement avait pu faire subir aux chevaliers de l'époque.

ITV Lionel REVERET Biomécanicien
02 :33 Toutes les expériences qu'on fait, sur de la marche, sur des exercices physiques, on les fait toujours en comparaison avec, et sans armure. Donc ça va être déjà l'objet même du travail scientifique, et ce que l'on vise comme publication, comme information que l'on va apporter à la communauté par rapport à ça. Ca répond à une question historique, donc la question initiale, celle du projet, c'est de savoir quelle était la pénibilité parce-que c'est ce que Stéphane Gal a retrouvé dans les textes historiques, donc on veut mesurer par cette expérience, apporter des chiffres, que bien sûr ils ne pouvaient pas avoir à l'époque, qui permettent de quantifier la pénibilité du port de l'armure, la pénibilité d'une marche avec l'armure, avec les données modernes.

OFF 3
03 :13 Après un an de préparation, c'est enfin le jour J. Le projet Marche Alpes a rassemblé une trentaine de participants lancés à l'assaut du col de Mari, qui culmine à 2641 mètres d'altitude. Un itinéraire parallèle à celui qu'avait suivi l'armée de François 1er mais qui offre l'avantage d'un terrain assez semblable. Durant trois jours de marche et 1600 mètres d'ascension, les participants vont évaluer l'efficacité mécanique de leur matériel, s'adapter aux contraintes de l'équipement, et mesurer l'effort humain grâce aux données relevées par un médecin.

ITV Stéphane GAL Historien
03 :43 La première journée a été quand même assez éprouvante, en raison de la longueur de la marche, des différents arrêts, pour que les cavaliers puissent descendre de cheval, remonter à cheval, franchir les torrents. Des difficultés qui ont été assez importantes pour les cavaliers, avec des blessures même à la clé, des chutes puisque les chevaux ont peur des torrents, et déjà en 1515 on sait que les franchissements des torrents posaient de très grands problèmes, c'était une des grandes particularités de la montagne qui fait que du temps de François 1er on a même construit des ponts, pour permettre aux chevaux et aux canons de franchir l'obstacle.

04 :20 Au bout du compte, on voit bien que l'on peut franchir un col à 2641 mètres d'altitude en armure, à cheval, à pied, c'est douloureux mais ça se fait, et on pense que ces hommes 1515 qui avaient l'habitude de porter des armures, qui avaient l'habitude de porter des choses lourdes, l'ont fait eux pendant plusieurs jours, qu'ils l'ont fait eux en souffrant peut-être un peu moins que nous, encore que, mais que certainement ça a été une véritable performance et une véritable épreuve déjà en 1515.

OFF 4
04 :51 De retour des cols Alpins, les scientifiques vont compiler et analyser les données de terrain pour éclairer la recherche sur l'art militaire et la physionomie des hommes de 1515. Près de 500 ans plus tard, les participants à cette aventure auront quant à eux goûté à la saveur de l'Histoire, grandeur Nature.

Résumé

La bataille de Marignan en 1515 est un des épisodes les plus connus des guerres d'Italie. Ce que l'on sait moins, c'est que pour arriver sur le champ de bataille François Ier a ordonné à ses 40 000 hommes de traverser le massif des Alpes en armure, afin d'être prêt et équipé en cas d'attaque ennemie. Des historiens, des biomécaniciens et des spécialistes de l'imagerie 3D du CNRS se sont associés pour reproduire ce périple hors normes. Ainsi, des chercheurs se sont habillés d'armure similaire à celles du XVIe siècle et ont effectué un trajet se rapprochant de celui des troupes armées de François Ier. Le but de cette expérience est de déterminer la pénibilité de la marche en montagne avec une armure. Suite à cette expérience, les scientifiques vont compiler et analyser les données récoltées sur le terrain et apporter ainsi de nouvelles informations sur les arts militaires et la physionomie des hommes du XVIe siècle.

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