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© CNRS Images - 2019

Après l'avalanche

Numéro de notice

6732

Durée

00:06:18

Année de production

2019

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HD
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Sonore

Transcription


00 :10 OFF 1
Aujourd'hui, mission scientifique dans les couloirs d'avalanches.
Mais attention, il ne faut pas oublier une étape essentielle. Tester le matériel de sécurité.

00 :21 dialogue
Là, toi, tu as tiré ton bouton rouge vers le haut, donc tu es passé en mode recherche, tu vois si je m'éloigne tu vas avoir la valeur qui change…
Et le bip qu'on entend c'est la proximité ?
Oui c'est exactement ca, on va avoir 3 niveaux..

00 :37 OFF 2
Ces chercheurs du CNRS et d'IRSTEA travaillent aujourd'hui sur les restes d'une avalanche.
Ils s'arretent sur la zone de dépôt, là où les écoulements terminent leur course et où s'accumulent ce que l'on appelle les boules de cohésion.

01 :00 Emmanuel Thibert
Il y a des boules de neige qui se forment naturellement, des grosses boules, des petites boules, et puis en fait ces boules de différentes tailles se réarrangent dans l'écoulement, par exemple les grosses boules remontent en surfaces, les petites boules vont plutôt au fond de l'écoulement, et donc ces structures particulières génèrent des pressions, des profils de pressions un peu particuliers sur les ouvrages que ces avalanches peuvent impacter en bout de course.

01 :21 OFF 3
Bienvenue dans la vallée de Haute-Maurienne dans les Alpes Françaises. Nous sommes dans une des vallées habitées les plus hautes de France.

01 :30 Chaque année, elle subit des centaines d'avalanches, certaines peuvent causer d'importants dégats.

01 :36 Les scientifiques veulent comprendre pourquoi une avalanche va être à l'origine de dépots plus gros qu'une autre avalanche.

01 :45 Est-ce que la forme du couloir emprunté par la neige va jouer un rôle sur le dépôt retrouvé en fin de course ?

01 :54 Hyppolite KERN
On va en fait avoir une transformation de la neige pendant l'avalanche, et c'est conditionné par beaucoup de facteurs, on ne les connait pas encore tous. Une avalanche qui va déposer 50 centimètres d'épaisseur, 4 ou 5 mètres d'épaisseur sur une route, les conséquences ne vont pas être du tout les mêmes, donc c'est ça aussi l'intérêt de l'étude des dépots.

02 :14 Moi, ma question c'est de comprendre quels sont les impacts sur le réseau routier, sur les problèmes de circulation, et notamment d'accès à des communes qui sont situées dans la Haute Maurienne en fond de vallée, avec une seule route d'accès, donc des routes qui sont complétement barrées, des villages qui se retrouvent complétement isolés à la suite d'avalanches, pour des durées qui peuvent être plus ou moins longues.

02 :34 OFF 4
Les zones de départ des avalanches ont déjà été très bien étudiées. Les zones de dépôt en revanche restent encore peu explorées.

02 :44
C'est très rare de venir sur le dépôt, et de se questionner sur le dépôt et de vraiment essayer de creuser pour voir ce qu'il y a au sein du dépôt. On va regarder la dimension, la taille, donc la longueur la largeur, l'épaisseur du dépôt et on va aussi s'intéresser à la composition du manteau neigeux, qu'on va retrouver dans le dépôt, et qui peut etre très différent de celui qu'on peut avoir dans les zones de départ du manteau neigeux avant l'avalanche.

03 :07 Si on veut voir comment ca se structure en fait à l'intérieur, il y a une bonne technique, c'est de faire des carottages ou de faire des puits.

03 :16 OFF 5 On creuse donc un puits directement dans le dépôt, pour dévoiler les fines couches de neige en profondeur. Ces couches sont carottées à l'horizontale, pour des mesures très précises.
C'est ainsi que l'on peut bien décrire les différentes couches de neige du dépôt.
Toutes les carottes récupérées, horizontales ou verticales, sont analysées immédiatement. Notre équipe détermine à plusieurs endroits de l'échantillon la densité et la porosité, c'est le pourcentage d'air compris dans la neige.

03 :50 Voilà, la composition du dépôt est bien décrite. Les chercheurs veulent maintenant obtenir le volume et la masse du dépôt tout entier. Mais comment faire ? Grace a des techniques de modélisation 3D.

04 :03 Vincent JOMELLI
Le laserscan est quelque chose d'extrêmement efficace, on a une visée de l'ensemble du dépôt, on va pouvoir caractériser sa surface avec une extrêmement grande précision, de plusieurs millions de pour une surface de plusieurs centaines de mètres carrés, donc on a une description de la surface vraiment en détail ; Sauf qu'on envoie un faisceau lumineux et que s'il y a un obstacle, on a une perte d'informations. Et pour compenser cette perte d'informations, on utilise le drone, qui lui, va faire un travail assez similaire mais avec une vue aérienne et non pas une vue terrestre.

04 :35 On mélange les deux techniques, laserscan et image par drone, pour avoir l'information la plus précise sur le dépôt à la fin.

04 :43 OFF 6
Ces étonnantes cibles serviront de repères aux différentes modélisations. Leur position est connue avec une très grande précision.

04 :51 Michaël DESCHATRES
Quand les dépôts ont fondu, on revient donc à peu près d'Aout à Octobre, pour prendre le sol sans neige, pour qu'on puisse faire la différence entre le sol avec les dépôts d'avalanche, et le sol sans, et c'est ca qui à la fin nous donne le volume qu'on veut ou les dimensions qu'on veut mesurer.

05 :13 OFF 7
Notre équipe souhaite déterminer le lien entre la morphologie du couloir qui a canalisé l'avalanche et la forme finale du dépôt.

05 :22
Tout l'objet de cette mission c'est de savoir ce qui a favorisé au sein du couloir sa dimension et ce qui a favorisé sa composition : par exemple un goulet d'étranglement, ou un resserrement du couloir, va favoriser une compression du manteau neigeux, ou au contraire un couloir qui va être complétement plat va laisser complètement libre l'écoulement.

05 :40 OFF 8
Les avalanches sont inévitables dans ces régions, c'est du aux conditions climatiques et bien sur au relief.
L'étude des dépôts permettra à terme de prédire leurs formes, leurs compositions en fonction du site de l'avalanche. On pourra alors anticiper et donc réduire les dégâts causés par ces écoulements de neige si impressionnants.

Résumé

Dans la vallée de l'Arc, en Haute-Maurienne (Savoie), secteur particulièrement exposé au risque d'avalanche, des scientifiques du CNRS et de l'IRSTEA effectuent des relevés et prélèvements sur des dépôts d'avalanches, là où les écoulements terminent leur course. Leur objectif est de modéliser les avalanches pour comprendre la dynamique des coulées, la formation des dépôts en fonction de la forme des couloirs empruntés par la neige et leur composition pour mieux prévenir les risques en milieux montagneux modifiés par l'homme.

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