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Le blob, dans l'espace et dans les classes

Créature parmi les plus fascinantes qui soit, intelligente mais dépourvue de cerveau, constituée d’une seule et unique cellule mais capable de s’étendre sur plusieurs mètres carrés, le blob étonne.
Développement de l’amibe sociale, “Physarum polycephalum“, communément appelée blob
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© Audrey DUSSUTOUR / CRCA / CNRS Photothèque
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Et il s’apprête à accompagner Thomas Pesquet dans l’espace, dans le cadre de la mission Alpha de l'ESA, tout en débarquant dans nos salles de classe.

Le blob est un être éminemment curieux, tout droit sorti d’un film de science-fiction. Animal, plante, champignon ? Rien de tout ça. Le blob est à part, constitué d’une unique cellule géante, capable d’apprentissage mais dépourvu de cerveau. Cet étrange organisme unicellulaire vieux d’un milliard d’années défie notre conception de la biologie et de l’intelligence du vivant. C’est aussi un enseignant à sa manière, puisqu’il peut transmettre ce qu’il a appris à un congénère… en fusionnant avec lui. Autant dire qu’on ne mentait pas en parlant de science-fiction, puisqu’on l’imagine plus volontiers dans l’espace, attendant que des astronautes infortunés le ramènent sur Terre dans leurs valises.

Mais c’est l’inverse qui va se produire, puisque quatre blobs embarqueront avec Thomas Pesquet en juillet prochain, direction l’espace. À bord de la Station spatiale internationale, le spationaute français procèdera à diverses expériences sur ces êtres étranges. L’objectif sera, en les filmant et en les plaçant dans des conditions diverses (notamment en les nourrissant ou non), d’étudier si leurs comportements et leurs stratégies évoluent en situation de microgravité.

Ce n’est pas tout : ces expériences seront également réalisées sur Terre par les élèves d’environ deux mille classes françaises qui recevront chacune un blob à adopter et choyer, avec l’aide du CNES et du CNRS. Ces jeunes privilégiés devront mettre en place deux protocoles expérimentaux. Le premier testera les capacités d’exploration du blob, placé sur du papier filtre dans une boîte de pétri, sans nourriture : les élèves devront photographier régulièrement le blob pour en mesurer la structure et le déplacement. Avec quatre flocons d’avoine – que le blob « adore » – déposés à équidistance, le second protocole permettra d’apprécier les mêmes paramètres quand le blob choisit une stratégie pour se nourrir efficacement.

À l’occasion de cet événement exceptionnel, nous vous proposons de vous plonger dans les mystères du blob, à travers une sélection de reportages photo et vidéo qui explorent ses multiples facettes. Mais ce n’est que le début : nous sommes encore loin d’avoir percé tous les secrets de cette créature unique en son genre…

Article CNRS Le Journal

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