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© CNRS - 2025
Numéro de notice
8297
Cristal collectif 2025 : le RNE, surveillance des échouages pour protéger la biodiversité marine
Le Réseau National Échouages (RNE), porté par l'observatoire PELAGIS (CNRS/La Rochelle Université), est récompensé par la médaille de Cristal collectif du CNRS 2025. Depuis plus de 50 ans, cette équipe coordonne un dispositif unique de recensement et d'analyse des échouages de mammifères et oiseaux marins sur les côtes françaises, métropolitaines et ultramarines.
Grâce à un réseau de 500 correspondants formés, le RNE fournit des indicateurs clés sur les causes de mortalité (collisions, contaminations, captures accidentelles) et les pressions humaines sur les écosystèmes marins. Ces données, accessibles aux scientifiques et aux pouvoirs publics, éclairent les politiques de conservation et alimentent la recherche en écologie marine.
Durée
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Définition
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Son
Version(s)
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Transcription
(00:00:00) :
On s'intéresse aux mammifères marins. Ce sont des espèces qui sont protégées, mais qui sont surtout des prédateurs marins ayant un rôle essentiel dans les écosystèmes marins et qui ont besoin d'être suivis.
(00:00:13) :
Le réseau échouage, c'est le réseau Échouage qui concerne les mammifères marins. Le RNE, donc réseau national échouages, est un outil qui permet d'acquérir de la connaissance sur ces espèces-là, à travers les données qu'on collecte et les prélèvements. Ça vient nourrir les causes de mortalité, ça vient nourrir l'évolution des pressions, ça vient nourrir la recherche à travers les prélèvements qui sont faits.
(00:00:33) :
C'est devenu un outil essentiel, probablement l'outil le plus ancien de suivi de ces espèces-là en France, puisque ça fait une cinquantaine d'années que ça existe. Au début, il avait plutôt une vocation naturaliste. Aujourd'hui, au bout de 50 ans, c'est devenu un véritable outil dédié à la recherche pour l'écologie, pour la conservation de ces espèces-là.
(00:00:52) :
Ce qui fait aussi la force de ce réseau-là, c'est l'étendue. On travaille sur des espèces qui sont mobiles, qui se déplacent à de grandes échelles, à l'échelle de la façade atlantique, de la Manche à la Méditerranée. C'est important d'avoir un outil cohérent avec la mobilité de ces espèces-là.
(00:01:06) :
C'est aussi un outil qui, depuis des années, utilise des protocoles très standards, ce qui permet d'avoir un véritable suivi dans le temps, comme il est recommandé quand on établit un observatoire.
(00:01:16) :
La partie opérationnelle de gestion des échouages, c'est déjà recevoir l'ensemble des signalements. On a à peu près 2 000 interventions annuelles, ce qui représente environ 5 à 10 signalements par jour. Certains week-ends, on peut avoir jusqu'à une centaine de signalements.
(00:01:25) :
Derrière, on doit organiser avec les collectivités publiques la sortie de l'animal du domaine public, lorsqu'il s'agit de morts, ce qui représente 80 % des cas que l'on traite. On doit aussi trouver les compétences des correspondants nécessaires pour les cas observés, en fonction de leur état de fraîcheur et des espèces, afin de rendre compte des meilleurs niveaux d'examen et de protocole.
(00:01:49) :
Pour ce réseau national échouages, on forme, on habilite et on assure une formation continue des personnes qui ont des niveaux d'examen différents, depuis un simple correspondant qui décrit les animaux jusqu'à un vétérinaire. On adapte et on fait évoluer les protocoles afin qu'ils puissent réaliser des données de qualité comparables, intégrées dans nos bases de données.
(00:02:18) :
Chez les cétacés, la cause principale de mort est la capture dans un engin de pêche. Ensuite, on a aussi toutes les causes résultant d'un état pathologique, principalement des maladies d'origine parasitaire ou bactérienne. Enfin, il y a quelques cas d'échouages accidentels, comme des animaux qui ont fait des erreurs de navigation ou qui se sont coincés dans des infrastructures ostréicoles.
(00:02:40) :
Quand les animaux arrivent ici, on réalise des examens complets, donc des nécropsies. L'objectif est d'identifier la cause de la mort, mais aussi de documenter l'état de santé de l'animal au moment de sa mort : sa vie, sa biologie, son régime alimentaire, son statut reproducteur, son âge grâce aux examens et aux analyses complémentaires réalisées en laboratoire.
(00:03:02) :
Des prélèvements sont également envoyés dans une banque de tissus nationale, mise à disposition des chercheurs. Cette banque est unique car elle concerne des espèces protégées comme les mammifères marins. Grâce à ces tissus biologiques, on peut réaliser des études génétiques, des analyses de contaminations chimiques, des recherches sur le régime alimentaire, la démographie, et bien d'autres.
(00:03:22) :
L'intérêt de cette approche est que, avec une série temporelle d'échouages très longue, on peut suivre l'évolution de ces pressions et de ces mortalités à long terme, à grande échelle, tant au niveau français qu'européen, grâce à des collaborations avec d'autres chercheurs.
(00:03:37) :
Ce réseau permet aussi d'appuyer les politiques publiques, que ce soit à l'échelle nationale ou internationale. On a réussi à bancariser toutes les informations collectées depuis 50 ans, représentant plus de 45 000 individus échoués sur les côtes. Cela a été possible grâce au soutien technique et à l'expertise de l'unité qui nous appuie sur cette base de données.
(00:04:00) :
La médaille est une reconnaissance pour le collectif des douze personnes, mais plus largement pour notre unité et pour l'ensemble du réseau national échouage. Cela permet de conforter la pérennité du réseau. Ces dernières années, on a vu une reconnaissance globale, avec des mesures visant à mieux protéger ces espèces, prises grâce aux résultats du réseau.