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© CNRS - 2025
Numéro de notice
8247
Médaille de l'innovation 2025 : Alain Wagner, mettre la chimie au service du vivant
Portrait d'Alain Wagner, médaille de l'innovation 2025 du CNRS, directeur de recherche au CNRS et responsable de l'équipe de Chimie Biofonctionnelle au Laboratoire de conception et application de molécules bioactives (CNRS / Université de Strasbourg).
Alain Wagner s'intéresse à l'interaction de la chimie avec les systèmes vivants. Avec son équipe, il développe notamment des conjugués anticorps-médicaments (ADC) : des vecteurs qui ciblent spécifiquement les cellules cancéreuses pour les détruire. Innovateur reconnu, il a cofondé plusieurs start-ups, comme Syndivia et MicroOmix, pour transférer ces outils vers l'industrie pharmaceutique et accélérer l'accès à de nouvelles thérapies.
Durée
Année de production
Définition
Couleur
Son
Version(s)
Support Original
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Transcription
[00:00:01]
Quand j'étais jeune, ce qui a vraiment guidé mon envie de créer, c'était ma mobylette. Je voulais que ma mobylette aille plus vite que celle des copains. Ce qui me motivait, c'était construire quelque chose, faire des objets qui rendent service, des objets meilleurs. Quelque part, la chimie, c'est également de la mécanique : c'est être capable d'assembler des atomes pour faire des machines moléculaires, et ces machines répondent à des besoins.
[00:00:23]
Je co-dirige l'équipe de chimie biofonctionnelle. On développe de la chimie qui va donner de nouvelles fonctions à la biologie, de nouvelles capacités au système immunitaire pour combattre plus efficacement les pathologies. Ce qui unit toute notre recherche en chimie, c'est la conviction que le système immunitaire est la voie royale pour améliorer la qualité de vie des patients.
[00:00:43]
Pour moi, il n'y a pas de recherche fondamentale ou de recherche appliquée, il y a des recherches plus ou moins fonctionnelles. La façon dont je conçois ma recherche, c'est vraiment de répondre à un besoin pour la société.
[00:00:55]
Je suis parti en post-doctorat aux États-Unis, dans une start-up devenue mythique dans la Silicon Valley : Affymax. C'est dans cette start-up, entre autres, que sont nés les nouveaux concepts de chimie combinatoire. Quand je suis rentré au CNRS par la suite, j'ai ramené cette thématique qui n'existait pas en Europe. Ça m'a permis d'avoir assez rapidement des doctorants et des contrats industriels, prolongeant ce lien entre la recherche académique et la recherche industrielle, car j'apportais une thématique qui intéressait l'industrie pharmaceutique.
[00:01:24]
À l'époque, c'était le tout début des Biologics : comment utiliser la chimie et la biologie pour avoir des effets synergiques et plus d'efficacité. J'ai donc commencé une équipe autour de cette problématique : faire de la chimie contrôlée dans les milieux biologiques et vivants.
[00:01:39]
Est-ce qu'on peut diagnostiquer un état immunitaire ? Est-ce qu'on peut conserver des vaccins à température ambiante ? Est-ce qu'on peut tuer 99 % ou 100 % des cellules cancéreuses plus rapidement, sans effets secondaires ?
[00:01:51]
On a créé une première entreprise, Syndivia, puis une autre, MicroOmix.
[00:02:07]
Mon vrai rêve, ce serait de créer une société qui soit le leader mondial de son domaine, où l'on se dise : « La technologie de cette société a changé quelque chose, elle a créé de l'emploi, elle a créé un savoir-faire, il y a un avant et un après. » Notamment sur les aspects d'immuno-monitoring, il pourrait y avoir un game changer dans la manière dont on considère la santé immunitaire.