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© CNRS - 2025
Numéro de notice
8203
Une biodiversité immense qu'il reste à découvrir #Episode 4
Titre Série
Océan, la science en mouvementLa biodiversité marine est menacée mais elle est aussi largement méconnue, surtout dans ses zones les plus profondes. Les chercheurs du CNRS multiplient donc les expéditions de la surface jusqu'aux abysses des océans, aux quatre coins du globe, munis d'outils toujours plus étonnants. Ils peuvent ainsi étudier de plus près la vie marine, saisir son infinie diversité et ses dynamiques évolutives.
Durée
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Définition
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Son
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Transcription
Frédérique Viard :
La question c'est de savoir
est-ce qu'on va laisser une chance
à cette vie, peut-être nouvelle,
très différente de celle
qu'on connaît aujourd'hui,
de pouvoir apparaître et évoluer
dans l'environnement qu'on aura créé ?
Commentaire voix-off :
Détecter le chant des poissons
ou la mastication des oursins,
rechercher les molécules olfactives
dispersées dans l'eau
ou repérer l'ADN d'espèces
réunies sur un même lieu...
Les outils pour observer la biodiversité
marine ne cessent d'évoluer.
Plus accessibles, moins coûteux,
ils ouvrent le champ des découvertes
de manière extraordinaire.
Line Le Gall :
ATLASea a pour objectif
de séquencer 4500 organismes marins
qui viennent des côtes de France.
L'exploration de la biodiversité,
elle se fait toujours en allant en mer,
en utilisant des bateaux dans la grande
tradition des explorations maritimes.
Mais par contre, on va utiliser
des outils innovants, et pour la collecte,
et là, dans le cadre d'ATLASea,
je pense que la grande innovation,
c'est le séquençage.
On va utiliser
des toutes petites dragues,
des petits filets, des gens
qui vont aller à pied sur le littoral.
Il y a des plongeurs qui, eux,
vont utiliser des aspirateurs sous-marins,
des paniers de brossage où ils vont
frotter les cailloux sous l'eau
et récupérer ce qui vit
dans les anfractuosités des rochers
On va pouvoir cibler l'ensemble
des habitats que l'on a recensés
jusqu'à présent sur nos côtes.
D'avoir accès à ces génomes
complets de référence,
ça permet de remonter
le cours de l'histoire,
alors pas forcément d'une génération à une autre,
mais vraiment de l'apparition de la vie
jusqu'à la vie telle qu'on
l'observe aujourd'hui.
Commentaire voix-off :
L'exploration de la biodiversité
marine est pleine de promesses.
Au fond des océans,
là où la température frôle le zéro,
où la pression est écrasante,
où la lumière ne pénètre jamais,
la vie prospère
sous des formes inattendues.
Dans les abysses, certains se nourrissent
des infimes particules tombées depuis la surface,
tandis que près des
sources hydrothermales,
d'autres puisent leur énergie des
minéraux crachés par la croûte terrestre
grâce à des bactéries capables
de transformer ces substances
en sources de vie.
Frédérique Viard :
Alors, il existe un assez fort contraste
entre ce qu'on connaît dans le milieu
terrestre concernant la biodiversité
et ce qu'on connaît en milieu marin.
On pense qu'on en a encore à décrire 90 %.
Évidemment, dans des espaces
un peu inaccessibles,
tels que les grands fonds, les abysses,
mais également dans certains territoires
qui ont été encore mal explorés.
Mais il ne faut pas oublier, en fait, aussi,
que même dans des endroits
dans lesquels on pense connaître
très bien la biodiversité,
on continue encore à la découvrir.
Un des enjeux qu'on rencontre
en tant que scientifique,
c'est de pouvoir apporter des réponses
à ce que va devenir la biodiversité
alors qu'elle est menacée et sous pression
par nos activités humaines.
Donc il faut pouvoir observer longtemps,
pendant très longtemps,
plusieurs dizaines d'années,
pour arriver à absorber ou essayer,
en tout cas, essayer
de comprendre un petit peu
comment les choses se passent.
Donc on a cette triple temporalité
qui n'est pas du tout en phase :
le temps de la nature, le temps de
la science et le temps du politique.