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© CNRS Images - 2019

Numéro de notice

6824

Bioacoustique des cachalots (La)

Superprédateurs des fonds marins, les cachalots s'orientent dans l'obscurité grâce à leur sonar. Une équipe de scientifiques du LIS, Laboratoire d'Informatique et Systèmes à l'université de Toulon a mis au point la carte son baptisée Jason. Cette carte permet d'observer la vie sous marine grâce à de microphones. Elle a ensuite été placée dans le plus grand drone marin civil au monde SPHYRNA équipé d'un dispositif acoustique permettant de suivre ces animaux grâce au son. Dans ce reportage diffusé avec LeMonde.fr, découvrez cette nouvelle méthode qui permettra de mieux comprendre les cétacés, pour mieux les protéger.

Durée

00:07:33

Année de production

Définition

HD

Couleur

Couleur

Son

Sonore

Version(s)

Anglais
Français
VI

Support Original

HD

Transcription


00 :08 OFF 1
Ces images surprenantes de cachalots ont été produites par des scientifiques. Une barre noire qui sert de repaire, et surtout, et c'est une première mondiale, ces petits points qui apparaissent. Ils indiquent la source de ces bruits étranges, les clics des cachalots. Ils émettent ces sons pour s'orienter, communiquer et chasser.

00 :39 Le cachalot consomme environ 400 kgs de proies par jour, c'est le plus grand chasseur marin. Au sommet de la chaine alimentaire, ou chaine trophique. Il vit 90% de son temps à 4000 mètres de profondeur, dans l'obscurité la plus totale.

ITV Hervé GLOTIN, bioacousticien
01 :00 Les superprédateurs des océans sont les cétacés. C'est le cachalot, c'est aussi la baleine bleue, c'est plusieurs dizaines d'espèces de cétacés, mais on ne les connait pas assez pour connaitre leur rôle dans la chaine trophique, leur importance cruciale dans ces régulations océaniques, alors que les changement climatiques commencent à faire leurs effets.

01 :22 Cette espèce qui vit dans une obscurité totale exploite et explore son milieu par le son, donc la meilleure façon d'observer cette espèce c'est de l'écouter. Donc on va développer des instruments, des algorithmes, pour les comprendre par le son.

01 :35 OFF 2
Nous sommes sur le campus de l'université de Toulon, au laboratoire d'informatique et des systèmes. C'est ici qu'a été développé un outil unique au monde :
La carte son baptisée Jason permet d'observer la vie sous-marine grâce à un ensemble de plusieurs microphones.

ITV Martin BARCHASZ Ingénieur microelectronique
01 :56 Cette carte doit permettre d'enregistrer cinq voix de manière simultanée, avec une très haute fréquence pour garder une très bonne résolution temporelle, et le tout en consommant évidemment le moins d'énergie possible. Et c'est là que c'est assez compliqué, performance et autonomie ça ne vas pas toujours ensemble. Le but de ce système c'est d'être placé dans des tubes sous-marins et d'être fonctionnel sur des durées allant de 10 jours à un mois, et c'est pour ça qu'il faut que le système ne soit pas trop demandeur en énergie.

02 :32 OFF 2
Direction, le port de Toulon. La carte Jason va être mise à l'épreuve. Aujourd'hui elle va être installée à bord d'un appareil étonnant : Sphirna est un drone marin, c'est d'ailleurs le plus grand drone marin civil au monde. Il a été équipé de 5 microphones, des microphones qui fonctionnent dans l'eau, reliés aux cinq voies d'enregistrement de Jason.

02 :57 Sphirna va dériver pendant des jours, à l'écoute des cachalots, et suivre leurs déplacements, de la surface jusque dans les abysses.
Pour se déplacer dans l'obscurité, le cachalot de repère grâce au son. Il détecte les éléments qui l'entourent en utilisant son sonar. Plus précisément, les clics qu'il emet, et surtout leur écho sur les parois ou les proies lui permettent de percevoir son environnement.

03 :28 ITV Martin BARCHASZ
Le son est propagé de manière remarquable dans l'eau, beaucoup plus loin que dans l'air, en gardant toutes les qualités, et les animaux supérieurs on va dire, les mammifères marins, utilisent ces propriétés depuis des millénaires, et ont évolué dans ce milieu et sont spécialistes maintenant de la propagation acoustique sous-marine.

03 :48 OFF 3
La mission scientifique aujourd'hui relève de la bioacoustique. C'est la discipline qui analyse les sons emis par le vivant.

Martin, au micro : On entend on entend, donc on manoeuvre plus loin.
04 :04 Avec ces analyses, on cherche à caractériser les individus, leur taille, leur âge, et puis leurs comportements. On cherche à caractériser s'ils emettent des sons entre eux, caractéristiques d'échanges sociaux, ou s'ils emettent des sons propices à localiser leurs proies, dans ces signaux on a beaucoup d'informations sur l'objectif de ces animaux dans leur exploration du milieu, sur leurs stratégies d'exploration du milieu, et sur leur intelligence en fait.

04 :32 OFF 4 La carte Jason installée sur le drone Sphirna est une véritable caméra acoustique. Elle permet aux scientifiques de localiser précisément les cachalots, dans un rayon de 5 kms. Mais pour obtenir les tracés des déplacements de ces animaux en trois dimensions, retour à la terre ferme. C'est en laboratoire qu'il faut traiter les données.

ITV Maxence FERRARI Doctorant
04 :54 Les amplitudes des clics vont être très petites par rapport au reste du signal, et donc le premier défi ça va être de retrouver où sont ces clics par rapport au reste du signal. Donc le premier défi ca va être de retrouver où sont ces clics dans le signal, et d'enlever tout le bruit pour récupérer des clics débruités. Une fois qu'on a ces clics, une fois qu'on a localisé tous ces clics, on va essayer de les localiser spatialement par rapport au Sphirna.

05 :16 OFF 5
Grâce à un système de triangulation qui repose sur les 5 hydrophones, l'équipe pêut retracer la trajectoire précise de l'animal pour étudier son comportement.

ITV Marion POUPARD Doctorante
05 :26 Ici on a un cachalot qui plonge pendant trois heures, donc il fait différentes plongées d'à peu près 40 minutes, il fait sa première plongée jusqu'à a peu près 1500 m de fond, il remonte et il fait ca 3 fois tout en longeant le canyon, pour essayer d'optimiser ses captures de proies.

05 :45 Un des objectifs de l'étude c'était d'essayer de voir s'il y avait un lien entre l'émission acoustique, donc les clics qu'on recevait, et la trajectoire de l'animal. Donc est ce que quand il arrête de cliquer il va bouger plus vite, ou inversement.

OFF 6
05 :56 Les différentes trajectoires ont été reconstituées. Chaque point correspond ici à un clic émis par le cachalot. Cette modélisation permet de reconstituer avec précision les déplacements de ces super prédateurs qui chassent près des côtes. Et de voir comment ils s'adaptent notamment à l'activité humaine

ITV Hervé GLOTIN
06 :17 Un masquage des bruits de la faune par des bruits humains rend aveugle le cétacé, qui ne peut plus chasser dans son milieu. Il est comme aveuglé par des flashes alors qu'il écoute pour voir son environnement. Plus il y aura de ferries et de perturbations de ce type, moins l'animal pourra évoluer dans le milieu et il ira ailleurs, ou bien il n'aura plus de place pour survivre tout simplement.

OFF 7
06 :47 Cette nouvelle méthode d'analyse bioacoustique ouvre donc la voie à une étude très fine du comportement de ces mystérieux cachalots. Mieux comprendre leur technique de chasse ou leur stratégie de reproduction pourra permettre à terme une coexistence plus harmonieuse entre humains et grands mammifères marins.


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