Sigui 1967-1973 : Invention de la parole et de la mort

Numéro de notice

6573

Durée

02:09:19

Année de production

1981

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Résumé

Le Sigui, cérémonie itinérante, célébré tous les soixante ans, pendant sept années consécutives, dans les différents groupes de villages Dogon de la falaise de Bandiagara, commémore la révélation de la parole aux hommes et la mort et les funérailles du premier ancêtre. En 1931, l'ethnologue français Marcel Griaule recueille les premières données du déroulement de ces célébrations.
- En 1966, le Hogon, chef religieux, annonce le temps du Sigui pour l'année suivante.
- En 1967, au village de Yougo, tous les hommes de moins de soixante ans, rasés et vêtus du costume du Sigui, célèbrent la mort du premier ancêtre. Ils dansent sur le rythme du serpent autour de l'enclume de Yougo et partagent la bière communielle. Au troisième jour, le Sigui quitte Yougo pour son long périple.
- En février 1968, les hommes du village de Tyogou répondent à l'appel du tambour. La procession traverse la vallée vers l'ancien village au rythme du serpent, puis rentre sur la place publique de Tyogou. Les danseurs de la falaise dansent les funérailles du premier ancêtre autour du figuier et boivent la bière de mil. Devant la caverne qui renferme les quatre vieux masques des quatre précédents Sigui, le nouveau masque reste au sol, nu sans peintures.
- En 1969 à Banani, tous les hommes et les Olubaru des quatre villages de Bongo, rassemblés pour danser autour du champ commun de lignage, peuvent voir, dressés contre la caverne du Sigui, les quatre grands masques, marquant la renaissance, pour soixante ans sous forme de serpent et au rang d'immortel, de l'ancêtre commun. Au soir, les rhombes reproduisent la voix de l'ancêtre.
- En 1970, les anciens d'Amani amorcent la spirale de la parole et empruntent, à travers le village, le chemin du masque et le chemin de la parole. Rassemblés sur la place, les hommes de tous rangs d'âge écoutent la parole chantée par un ancien en Sigiso, la langue secrète du Sigui. Les participants répondent par des chants et des clameurs, ainsi se prépare la naissance de nouveaux Nanou, les répondants du culte des morts. Le Sigui est apporté aux anciens du village frère d'Amani Bango, qui reçoivent la parole de l'ancien d'Amani.
- En 1971, en écho à la parole venue de la falaise, tous les hommes d'Idyéli s'enterrent par petits groupes dans la dune qui surplombe le village. A l'appel des Rhombes, toute la dune s'anime, c'est la naissance des enfants nouveau-nés. La nouvelle génération du Sigui descend vers la source et la place du village en parures du Sigui, le masque vient doucement.
- En 1972, à Yamé le Sigui est collectif. En habits et tatouages de femmes, les hommes écoutent un ancien d'Idyéli qui passe la parole en Sigiso. Avec Ama, le maître de l'espace, le Sigui va de l'est vers l'ouest et la procession entre dans Yamé, jusqu'à l'abri des hommes, le Togouna de l'ouest, qui reçoit les crosses-sièges et marque la limite du Sigui. Après les chants et danses au rythme du chemin, trois Olubaru partent vers l'ouest.
- En 1973, année de sécheresse au Sahel, on ne suit pas un rituel où l'on boit de la bière de mil.
- En 1974, trois amis de Jean Rouch refont le périple des trois Olubaru vers Songo. Passé le rocher de la descente du forgeron, ils visitent l'auvent de Songo, dont la paroi est recouverte des dessins et peintures consacrés au Sigui, et l'auvent et la caverne de la circoncision. Les trois hommes effectuent alors au rythme des chants la marche du retour vers l'enclume de Yougo. Ainsi se sont succédées les trois années du cycle de la mort et les quatre années du nouveau cycle de la vie.

Thématiques scientifiques

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