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Sept ans après, la mémoire du 13 novembre reste aussi un enjeu scientifique

Par-delà le traumatisme collectif et le devoir de mémoire, les attentats du 13 novembre 2015 ont été le point de départ d’un vaste chantier de recherche portant sur l’impact d’un tel événement sur la population française, au carrefour de plusieurs disciplines.
Une page des registres de condoléances ouverts au lendemain des attentats du 13 novembre 2015
Une page des registres de condoléances ouverts au lendemain des attentats du 13 novembre 2015
© Cyril Frésillon / CRH / CNRS Photothèque
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C’était il y a sept ans, un vendredi soir. Aux abords du stade de France, sur les terrasses de bars des Xe et XIe arrondissements de Paris et au Bataclan, 130 personnes perdaient la vie dans les attaques terroristes les plus meurtrières que la France ait connues. Le pays tout entier, plongé dans la sidération, entamait un long travail de deuil.

Très vite, les scientifiques se lançaient dans un vaste chantier : analyser presque en temps réel l’impact de ce drame inédit sur la société française. Le sujet appelait un traitement transdisciplinaire croisant les approches et les expertises. C’est le sens du programme 13-11 (https://www.memoire13novembre.fr), fondé quelques jours à peine après les attaques par l’historien Denis Peschanski et le neuropsychologue Francis Eustache. Il vise à comprendre comment se construit et évolue la mémoire d’un tel événement, sur les plans individuel et collectif. Au total, ce sont 1 000 personnes qui, pendant dix ans, se livreront aux enquêteurs au cours d’entretiens portant sur leurs souvenirs, leur traumatisme, leur expérience de l’événement. Il s’agit tout autant d’écrire une histoire du temps présent que d’explorer la notion de stress post-traumatique, qui intéresse au premier chef les neurologues et les psychologues.

Les scientifiques s’appuient également sur l’étude de documents rarement exploités par les historiens : les cahiers de doléances ouverts au lendemain des attentats à la mairie du Xe arrondissement, où plus de 1 300 messages ont été recueillis en trois mois. Ces messages, tout comme les entretiens, sont des révélateurs d’émotions, de souvenirs, de cauchemars souvent… Comment alors les transformer en données objectivables et donc traitables par les chercheurs ? C’est tout l’enjeu de ce travail colossal, que nous vous proposons de découvrir en vidéo et en photos.