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Les lauréats 2020 de la médaille de l’innovation du CNRS

Sophie Brouard, Daniel Hissel, Arnaud Landragin et Franck Molina sont les quatre lauréats de la médaille de l’innovation 2020 du CNRS.
Les lauréats de la médaille CNRS de l’innovation 2020
Les lauréats de la médaille CNRS de l’innovation 2020
© Frédérique Plas / Cyril Frésillon / CNRS Photothèque
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Le CNRS distingue chaque année, par ses médailles de l’innovation, des chercheurs dont les recherches exceptionnelles ont trouvé des applications remarquables et innovantes dans des domaines très divers.

Sophie Brouard, vétérinaire de formation aujourd’hui directrice de recherche, s’est intéressée au problème du rejet des greffes en transplantation, et travaille sur la réduction des lourds traitements qui évitent le rejet, mais causent de nombreux effets secondaires. Forte de 163 publications scientifiques et 13 brevets, elle a œuvré à la fondation de deux entreprises : TcLand Expression, sur le biomarqueurs, et Effimune, devenue OSE Immunotherapeutics, qui développe des outils thérapeutiques contre le cancer et les maladies auto-immunes.

Daniel Hissel, professeur et chercheur, diagnostique en temps réel les piles à hydrogène afin d’en augmenter les performances et d’allonger leur durée de vie. Il conçoit également des algorithmes pour optimiser les systèmes hybrides, qui combinent batteries, supercondensateurs et piles à hydrogène. La start-up H2SYS, qu’il a co-fondée en 2017, valorise aujourd’hui ses travaux avec succès ; elle emploie dix salariés en Bourgogne Franche-Comté et poursuit son développement.

Arnaud Landragin, directeur de recherche, utilise des lasers pour séparer un atome en deux ondes qui présentent d’infimes différences dues à l’action de la gravité, dont la force locale peut être calculée. Il conçoit grâce à cela des gravimètres à atomes froids absolus, commercialisés par la société Muquans qu’il a cofondée. Ces recherches trouvent des applications en géosciences, dans la mesure des accélérations, des champs de pesanteur ou encore pour sonder fluides et matériaux présents dans le sous-sol. Grâce à ces recherches, la communauté française est très bien positionnée dans le domaine du « quantum sensing » avec l’enjeu d’industrialiser à l’horizon 2030 une nouvelle génération de capteurs exploitant pleinement les propriétés d’intrication offertes par la physique quantique.

Franck Molina, directeur de recherche, est passé de la modélisation des systèmes biologiques, comme les cellules, à leur fabrication. Grâce à la biologie synthétique, il parvient à concevoir et programmer des cellules artificielles comme des biomachines dans le but de leur confier des tâches non naturelles. Elles servent d'outils de diagnostics ultrarapides du diabète et pour la détection de pesticides. Certains de ses travaux – sur les solutions pour biopsies liquides, sur des maladies psychiatriques ou sur le sexage quasi instantané des œufs de poule en élevage – ont fait l’objet de nombreux transferts industriels vers des entreprises telles que Skillcell, BioRad, Alcediag, Tronico ou DiaDx.

Les parcours de ces quatre lauréats de la médaille de l’innovation 2020 du CNRS illustrent la qualité, la variété et la richesse des recherches conduites au CNRS, ainsi que la diversité des voies de valorisation empruntées. Ils montrent aussi que des recherches, même très fondamentales, peuvent déboucher sur la création d’entreprises ou s’accompagner de transferts vers le monde économique. Ces entreprises, qui touchent à l’ensemble des disciplines scientifiques explorées par le CNRS, ont toutes le même but : valoriser la recherche et lui donner des applications très concrètes pour le grand public et l’industrie. Particulièrement résilientes et innovantes, ces start-up offrent de nouvelles perspectives en médecine, en biotechnologies, dans le traitement de l’environnement ou encore dans le domaine spatial... Et ce n’est pas fini : aujourd’hui, ce sont près de 100 nouvelles start-up qui naissent chaque année au sein de laboratoires du CNRS.

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