Actualité scientifique

La preuve par l’image : quand la science se fait une beauté

Depuis 2010, le concours La preuve par l’image, organisé par le CNRS, met à l’honneur les plus belles images issues de la recherche scientifique. À vos contributions !

Variété hyperbolique de volume fini de dimension trois, éclairée par un globe lumineux.
Variété hyperbolique de volume fini de dimension trois, éclairée par un globe lumineux.

© R. Coulon / S. Matsumoto / H. Segerman / S. Trettel / IRMAR / GeorgiaTech / OSU / Stanford University / CNRS Photothèque (Licence CC BY-NC-SA 4.0)

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La recherche n’est pas seulement utile ; elle sait aussi être belle, et ce faisant, attirer à elle davantage de curieux qui, séduits par une image étonnante, se pencheront sur sa production et sa signification. Tel est l’enjeu du concours La preuve par l’image, lancé en 2010 par le CNRS en partenariat avec l’Acfas, et qui met chaque année en valeur les plus belles images produites par des scientifiques dans le cadre de leur recherche. Le principe est simple : chercheurs, ingénieurs, techniciens et doctorants sont invités à soumettre leurs contributions, avant qu’un jury de professionnels ne sélectionne les vingt plus attractives en vue d’une exposition.

Pour l’édition 2023, les candidatures sont ouvertes jusqu’au 5 mai. Alors n’attendez plus : envoyez vos plus belles images de recherche, et qui sait ? Peut-être aurez-vous l’honneur d’être sélectionné pour l’exposition finale ! D’ici là, nous vous proposons de découvrir quelques-uns des meilleurs clichés issus des éditions précédentes.

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En 2022, le grand prix du jury a été décerné « bleu hyperbolique » et à « l’œil du cyclope veille ». Le prix coup de cœur du jury a été décerné à « forêt de bambous » et au « côté bleu de la force ». Enfin, le public a élu « la face cachée de la cellule ».

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Un plongeur scientifique prélève un tentacule sur des anémones blanchies par l’élévation de la température de l’océan à Moorea, en Polynésie. À quelques dixièmes de degrés près, le réchauffement provoque le blanchissement des coraux tropicaux et des anémones de mer : ils perdent les algues symbiotiques colorées, partenaires indispensables pour leur survie. Locataire de ces anémones, le poisson-clown en subit lui aussi les conséquences : vivre dans une anémone blanchie est un stress avec des…

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Le côté bleu de la force
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L’autophagie est une voie de survie propre à la cellule : elle permet la destruction de pathogènes intracellulaires ou l’accès à une réserve en nutriments par le recyclage de ses membranes. Si elle n’est pas équilibrée, cela peut entraîner la mort de la cellule. Cette image présente la protéine RUFY3, impliquée dans le processus d’autophagie, dans un macrophage de souris - une cellule du système immunitaire chargée de phagocyter les corps étrangers. La couleur bleue illustre la présence de la…

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La face cachée de la cellule
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Cette spore bactérienne niche avec nombre de ses congénères dans des cellules de paille de blé d’un fumier de bovin. Stocké séché, il n’était plus un environnement propice à la vie et certaines bactéries ont résisté en rentrant en dormance à l’état de spores, en attente de conditions plus favorables. Ainsi, après réhydratation du fumier, les bactéries reprendront leur activité de dégradation des matières organiques, contribuant ainsi à l’augmentation de la fertilité du sol sur lequel il sera…

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L’œil du cyclope veille
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La géométrie hyperbolique, introduite au XIXème siècle, est un domaine mathématique qui a profondément bouleversé le savoir géométrique enseigné depuis l’Antiquité. Dans cet espace aux propriétés insolites, la lumière ne se déplace pas en ligne droite mais selon des géodésiques, les courbes les plus courtes entre deux points, chamboulant ainsi notre perception visuelle du monde. Les scientifiques ont développé une application permettant de simuler en temps réel ce que verraient les "habitants"…

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Bleu hyperbolique
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L’ascension d’un liquide dans un tube capillaire est un phénomène bien connu. Cette expérience cherche à le revisiter. Pour cette bambouseraie de laboratoire, les scientifiques ont généré une mousse dans un verre en bullant de l’air dans une solution savonneuse. En surpression par rapport à l’atmosphère, les bulles se vident aisément une à une dans les tubes de verre, formant chacune une lamelle. Mais plus elles s’accumulent, plus chaque nouvelle bulle entrant dans le tube s’élève lentement. L…

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Forêt de bambous
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Voici la vue rapprochée d’une surface représentant l’espace hyperbolique et son bord à l’infini. L’existence d’une telle surface a été prédite par le mathématicien John Nash dans les années 50. Sa construction effective vient d’être réalisée par une équipe de scientifiques, assistés par ordinateur, qui cherchent à visualiser des objets mathématiques paradoxaux. Cette surface, issue d’un enchevêtrement infini de corrugations (ou plissements), hérite d’une propriété étonnante : le chemin le plus…

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L'infini trouve toujours son chemin
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Si l’on croise plus volontiers "Podospora anserina" sur des excréments d’herbivores, il pourrait bien finir, ainsi recolorisé façon Andy Warhol, dans un musée. Contraint ici de croître sur deux dimensions, ce champignon filamenteux microscopique montre une organisation en réseau d’hyphes (les filaments) s’étendant sur quelques dizaines de millimètres. Cette configuration, caractéristique de ce type d’organismes, lui permettrait d’optimiser la transmission de l’information, mais aussi la gestion…

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Podospora quadriptyque
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Lire dans le vivant, ses formes, ses matières ou ses structures pour imaginer les matériaux de demain. À l’image de cet os de seiche, dont l’architecture singulière se dévoile sous le microscope. Agencée tout en strates, en colonnes et en ondulations, sa microstructure lui confère des propriétés remarquables, alliant une rigidité importante malgré une densité très faible - près de 93 % de porosité. Constitué d’aragonite, un minéral de carbonate de calcium, l’os de seiche ne casse pas d’un coup…

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Bibliothèque biologique
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Les rotors sont utilisés pour de nombreuses applications afin d’échanger de l’énergie entre un système mécanique (véhicule, turbine) et le fluide environnant (comme l’air ou l’eau). Cette image illustre les déformations extrêmes d’un petit rotor équipé de deux pales flexibles de polyéthylène lors de son fonctionnement dans de l’eau. Selon sa fréquence de rotation, la vitesse de l’écoulement incident et l’inclinaison des pales, des déformations de grande amplitude peuvent ainsi apparaître, dans…

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Rotor danseur
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Le glioblastome est une tumeur cérébrale dont l’agressivité peut être attribuée aux cellules souches tumorales. Responsables de la résistance aux traitements, ces cellules ont la capacité de former des neurosphères et peuvent s’engager dans des voies de différenciation neurale dans certaines conditions de culture. Des cellules souches issues de glioblastome humain, regroupées en une neurosphère, sont visibles ici par le marquage en bleu de leur noyau. Sous l’action de facteurs de croissance,…

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Galaxie cérébrale
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Utilisation uniquement dans le cadre du concours LPPI

Les plexus choroïdes sécrètent le liquide céphalo-rachidien - ou cérébrospinal - dans lequel baigne le cerveau. Les cellules qui les constituent forment ainsi une barrière entre le sang et le cerveau, empêchant certaines molécules toxiques d’y pénétrer. Par immunofluorescence verte, on visualise la remarquable vascularisation d’une partie d’un plexus choroïde, prélevée chez un raton de 9 jours. Les scientifiques s’intéressent ici à la façon dont les cellules immunitaires peuvent entrer dans le…

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Le chou-chou du cerveau
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Les ostracodes sont de microscopiques crustacés, pour la plupart pas plus grands qu’un grain de sable. Ce spécimen de "Havanardia societatis" provient d’un lagon de Polynésie française et possède des valves pourvues d’impressionnantes extensions latérales qui rendent cette espèce unique. Il fait partie d’une grande famille qui peuple les milieux marins, des zones littorales aux abysses, depuis près de 500 millions d’années. Fragile mais résiliente, elle a survécu aux cinq grandes crises…

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Nage en eaux troubles
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Chez l’humain, la myopathie de Bethlem résulte de mutations dans le gène codant pour le collagène VI, un composant de la matrice extracellulaire musculaire squelettique. Cette maladie rare se caractérise par des rétractions et une faiblesse musculaires, et une aggravation progressive des symptômes, allant de l’atteinte des fonctions motrices jusqu’à l’insuffisance respiratoire. Le poisson zèbre est le seul modèle animal à reproduire spécifiquement l’une des mutations la plus fréquemment…

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Plume d’eau
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L’écume de mer sur le sable, la cuillère dans une mousse au chocolat, une crème cosmétique appliquée sur la peau : les mousses sont partout mais surtout méconnues. Avec de l’air, un peu d’eau savonneuse et un récipient tapissé d’aspérités, l’objectif de cette expérience est de comprendre les mécanismes à l’œuvre lorsqu’une mousse entre en friction avec une paroi rugueuse. La séparation entre deux bulles est marquée par un film de savon ; la réunion de trois d’entre eux forme un bord de plateau …

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Mousse céleste
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Comment expliquer que de petites planètes telluriques, comme Mercure ou Ganymède, un satellite naturel de Jupiter, aient un champ magnétique ? Grâce à de la neige de flocons de fer. Chutant depuis la périphérie vers le centre du noyau liquide de ces astres, elle provoquerait des turbulences potentiellement à l’origine d’un champ magnétique. Pour éprouver ce phénomène des intérieurs planétaires, les scientifiques ont modélisé dans une cuve stratifiée en eau salée la neige de fer par des billes…

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Une neige dans l’antre des planètes
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Chez la mouche, comme chez l’humain, la mortalité croît avec l’âge de l’individu. C’est l’une des définitions possibles du "vieillissement". Mais la nature du vieillissement, ainsi que ses origines moléculaires ou évolutives, restent vivement débattues. Ces deux femelles "Drosophila melanogaster" ont le même âge chronologique et le même génotype. Toutefois, l’espérance de vie de celle de droite est d’environ 3 jours contre plus de 20 pour celle de gauche. La première a atteint l’état "smurf",…

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Des mouches et des hommes
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Une impression de flou ? Si vous enfilez des lunettes 3D, vous pourrez voir cette photographie en relief, réalisée avec la technique de l’anaglyphe : deux images sont superposées, l’une en rouge, l’autre en cyan ; le léger décalage entre les deux reproduit cet effet de profondeur. Se dévoilent ainsi des nanostructures empilées de cuivre, un métal-candidat prometteur pour transformer en de potentielles ressources les milliards de tonnes de CO2 que nous injectons chaque année dans l’atmosphère…

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Copper-field
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Cette otarie à fourrure du Cap vient juste de mettre bas : on peut encore voir le cordon ombilical tout rose de son petit. Elle le déplace en le jetant en l’air afin de l’éloigner d’autres femelles de la colonie. Un début de vie un peu rude pour ce bébé otarie mais nécessaire : les autres femelles pourraient en effet être très agressives envers ce petit étranger s’il s’en s’approchait. L’espèce forme ainsi de vastes et denses colonies en Namibie où les femelles donnent naissance à un unique…

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Seals can fly
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Grâce à l’intelligence artificielle, il est désormais possible de détecter rapidement et facilement une contamination du lait. Certaines bactéries comme "Pseudomonas fluorescens" peuvent contaminer le lait lors de sa mise en bouteille. Par conséquent, celui-ci doit être incubé durant plusieurs semaines afin d’attester de sa stérilité avant commercialisation. Avec la technologie Red One, les microorganismes peuvent être détectés après seulement 48h d’enrichissement dans les bouteilles. L…

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Mosaïque microbienne
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La formation embryonnaire des ganglions lymphatiques, petits organes essentiels à la réponse immunitaire, est désormais connue. Grâce à la microscopie à feuillet de lumière, les scientifiques ont pu déterminer les dynamiques à l’œuvre chez cet embryon de souris de 13,5 jours. En bleu, les cellules lymphoïdes (LTi), dérivant de l’endothélium hématogène, un tissu spécifique de l’embryon. Elles passent dans son foie où elles prolifèrent avant de migrer dans l’organisme pour donner naissance aux…

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Little monster
Vignette exposition LPPI 2021
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Le CNRS a lancé en 2019 un partenariat avec l’Acfas en déclinant en France le concours photo La preuve par l’image initié en 2010 au Québec. Pour cette troisième édition CNRS, les acteurs de la recherche ont été invités à proposer leur plus belle image de science. Le pari de ce concours : partir de l’image, qui interpelle et interroge, et non des mots, pour montrer la recherche.
Exposition
EXP093742
La Preuve Par l'Image 2021
Vignette présentation La preuve par l'image 2020
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Le CNRS a lancé en 2019 un partenariat avec l’Acfas en déclinant en France le concours photo La preuve par l’image initié en 2010 au Québec. Pour cette deuxième édition, les acteurs de la recherche au CNRS ont été invités à proposer leur plus belle image de recherche. Le pari de ce concours : partir de l’image, qui interpelle et interroge, et non des mots pour montrer la recherche.
Exposition
EXP090717
La Preuve Par l'Image 2020

CNRS Images,

Nous mettons en images les recherches scientifiques pour contribuer à une meilleure compréhension du monde, éveiller la curiosité et susciter l'émerveillement de tous.